Voyage au Costa Rica

COSTA RICA, FEVRIER 2014.

Voyager en sur-mesure au Costa Rica ? Que peut on y visiter ? Quelles sont les précautions à prendre pour un voyage au Costa Rica ? Quelle formule choisir ? Ce pays qui loue une Ode à la mère nature est bordé au nord par le Nicaragua et au sud par le Panama, les Caraïbes à l’Est et le Pacifique à l’Ouest. Un quart du territoire costaricain est occupé par des réserves naturelles ou sauvages. Plusieurs volcans actifs forment des parcs riches en faune et en flore et le paysage s’alterne en plantations d’ananas, de caféiers, de cacaotiers, en plages plus ou moins sauvages, en jungles et en forêts (sèches et humides), en mangrove et en arbres centenaires…

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Les Ticos, natifs costariciens, sont des gens ouverts, sensibles et accueillants. Le pays ne possède pas d’armée afin de se concentrer sur la santé et l’éducation de la population et la présence de la police y est à titre décoratif selon notre chauffeur Ernesto. Il nous a dit que la police ici est très gentille et considère les policiers comme des amis. Surprise totale !

Voici quelques impressions recueillies lors de mon dernier voyage au Costa Rica en Février 2014.

San José, étape incontournable d’un voyage au Costa Rica

Débarquement sous un soleil éclatant d’une fin d’après-midi après 15 heures de vols, nous sommes agréablement surpris devant la rapidité des formalités et de la sortie des bagages. Il est dimanche et notre guide qui nous accueille nous indique qu’on n’aura pas de bouchons pour rentrer à San José, une nouvelle bonne surprise. Nous saurons un peu plus tard que nous avons de la chance, grâce à une bonne connaissance de NostaLatina (ce qui était pour nous une évidence), de n’avoir que 15 h de vols. Certains de nos compatriotes rencontrés pendant le voyage nous raconteront qu’ils mettent pratiquement 24h pour arriver à San José ! Le Costa Rica est réputé comme une destination facile, beaucoup de voyageurs pensent qu’ils peuvent se débrouiller seuls ou s’adressent à des agences non spécialisées…

La ville de San José n’est pas la plus belle ville de l’Amérique Centrale, étant une ville toute jeune dépourvue d’un ancien quartier colonial comme c’est souvent le cas. Des rues et des avenues d’une architecture urbaine un peu désordonnée, ponctuées par quelques parcs verdoyants remplis de monde. San José ne représente pas un intérêt particulier. Le soir tombe vite, et on se rend vite compte aussi qu’il fait très frais : la capitale du Costa Rica est située en hauteur. On s’y balade pour prendre le pouls de la ville le jour d’arrivé, on y repasse pour faire une coupure logistique pendant un périple pour se rendre compte qu’il y a San José et le reste du Costa Rica, comme c’est le cas d’autres capitales de l’Amérique Centrale et de l’Amérique du Sud.

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Y aller est un petit casse-tête costaricain. Le pays peut se visiter presque toute l’année, mais on dit aussi aux voyageurs qu’il faudra éviter septembre et octobre. La température moyenne annuelle sur les plateaux est de 22°C, elle monte à 30°C voire plus sur la côte. Les nuits sont généralement fraîches. Le relief abrupt du pays joue un rôle fondamental sur son climat, divisé en deux saisons distinctes, la sèche et l’humide. La saison sèche s’étend de décembre à avril. La saison humide, ou « verte », s’étend de mai à novembre durant laquelle il peut pleuvoir tous les jours au moins une petite heure, après, le soleil étant toujours présent, la pluie rafraîchit de manière agréable, et surtout il y a beaucoup moins de monde. Pour Tortuguero la meilleure période où il pleut le moins est la saison « verte », humide, ailleurs, de surcroît, la ponte des œufs de tortues vertes est de juillet à septembre. Et, dernier point qui peut tout brouiller : même si le pays se situe sur l’hémisphère nord, la saison sèche (de décembre à avril) se dit verano, été, et la saison humide (de mai à novembre) se dit invierno, hiver.

Le parc national de Tortuguero, l’autre incontournable d’un voyage au Costa Rica.

L’excursion à Tortuguero est faite par départs groupés. Le petit rond des hôtels de San José entre 6 et 7h30 du matin dure tout de même plus d’une heure avant qu’on prenne la route en direction de Guapilès puis Pavones, l’embarcadère à l’entrée du parc.

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On appelle Tortuguero, sûrement à juste titre, la « petite Amazonie ». Seul l’avion ou le bateau permettent d’accéder à ce mélange de jungle et de voies d’eau qui donnent naissance au parc du même nom. Le village de Tortuguero, sa population et son style me rappellent beaucoup Caburé au Brésil, surtout Livingston au Guatemala ou encore Portobelo au Panama…  Ici, le programme de tous comporte plusieurs sorties en bateau pour observer la faune et la flore, à cela s’ajoutent une balade photo dans le jardin pour les fleurs magnifiques et la contemplation de la plage à gros rouleaux au lever et au coucher de soleil aux couleurs magnifiques. Pour la balade dans la jungle, un peu trop de bateaux d’ailleurs en saison à mon goût. Et, pour une fois que j’ai choisi de faire mon repérage en une saison réputée la meilleure pour visiter le pays, nous avons eu toute une journée d’averses qui nous a obligé à faire la balade dans un poncho. Carlos, notre superbe guide, nous disait : « Ici il pleut tout le temps, c’est pourquoi ça s’appelle le rain forest. Si un jour vous avez du soleil pour les visites, vous pouvez demander le remboursement car cela ne fait pas partie du programme… ». Sans doute pour nous consoler. Nous avons pu tout de même voir beaucoup d’oiseaux (cigognes, hérons, martins-pêcheurs et martins-pêcheurs tigrés), iguanes, alligators… sans pouvoir sortir l’appareil photo sauf s’il est étanche. Aussi, si vous voulez voir des tortues, demandez à nos conseillers, car elles ne sont pas là en haute saison pour attendre les touristes et elles ont bien raison, ces belles et célèbres tortues luth du Costa Rica.

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Pour nous re-consoler, Carlos a demandé au capitaine de nous emmener à l’embouchure du fleuve donnant sur la mer des Caraïbes. Le soleil est revenu, les rouleaux aperçus de l’autre côté de la plage, séparée de l’embouchure par une languette de terre découverte à la marée basse, semblent encore plus gros vus depuis notre barque. On a vu quelques pêcheurs à la ligne sur cette languette de terre, et hop ! Un a capturé un gros poisson devant nos yeux médusés avec une canne on ne peut plus simple. « Carlos, tu crois que je peux lui demander d’acheter le poisson ? ». « Pourquoi pas ? Hé, les gars, vous le vendez ? Combien ça coûte ? ». « Cinq mille colones (8 €) ». « C’est bon, je prends ». Je saute sur le rivage pendant que le pêcheur vide ce thon jaune d’au moins 4 kilos, sans savoir ce que je vais pouvoir faire, l’hôtel où on est un hôtel en pension complète… « Tu crois que je peux aller le préparer dans la cuisine ? ». « Bien sûr, tu demandes, les cuisiniers vont te le préparer ». « Ah non, je veux le préparer moi-même ». « Demande à Noël, le chef est mon ami, il t’acceptera dans sa cuisine ». Et me voilà entrain de dépecer mon poisson dans la superbe cuisine de mon resort pour faire une soupe, un ceviche et le reste en papillote au gingembre et aux feuilles de citronnier. Exactement comme j’ai fait il y a quelques années à la hacienda La Ciennega, au parc national du Cotopaxi, en Equateur. J’ai appris plus tard que la plupart des aides cuisinières, d’une gentillesse extraordinaire, viennent du Nicaragua voisin.

La côte Pacifique centre

Puntarenas, point de départ du ferry pour la péninsule de Nicoya, est en pleine préparation de son carnaval annuel qui débutera ce vendredi soir. En bien, le mot carnaval n’a rien à voir avec ce que nous avons imaginé et que nous allons vivre une semaine plus tard lorsque nous serons en voyage au Panama. Je préfère lui donner le titre d’une feria, fête ou foire, plutôt que carnaval. Sur des kilomètres du front de mer, une foire commerciale digne de ce nom avec restaurants semi-rigides, immense fête foraine et tous les manèges possibles et imaginables, boutiques, étales, scènes à la sonorisation qu’on devine infernale vu la taille des haut-parleurs. Renseignements pris, nous avons décidé de prendre le déjeuner sur la plage, puis nous continuons notre route. Plages après plages (dont la majorité sont le paradis des surfeurs), villes après villes, nous arrivons à Manuel Antonio, notre dernière étape costaricienne.

La cuisine costaricienne

Il faut goûter à l’inévitable ceviche et le vigoron, une spécialité nicaraguayenne où le porc frit (chincharon) est servi avec une rafraîchissante salade de choux, le tout servi dans un gros cornet fait d’une feuille dont je ne connais pas le nom. On peut aussi ajouter dans le registre de la cuisine costaricienne ces douceurs à base de confiture de lait (dulce de leche) dans tous ses états, la noix de coco, les cacahuètes et la noix de cajou en confiserie. Le matin, on échappe rarement au gallo pinto (riz au haricot avec œuf ou autres ingrédients). Plus rares, les racine de chayote en omelette ou le yuca (manioc) au beurre sont servis avec de la viande en sauce, ou encore ce fromage palmito qui ressemble à une mozzarella en version plus goûteuse, plus salée et plus dure, un délice.

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Manuel Antonio, le joyau des plages

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Il y a plusieurs plages ici, toutes sont publiques. La grande plage de Manuel Antonio s’étend sur quelques kilomètres avec du sable parfait, de l’eau parfaite, et des rouleaux amicaux pour les surfeurs débutants et pour les baigneurs, ce qui n’est pas toujours évident. Le coucher de soleil y est une institution. Tous les jours, tout un monde, téléphones portables, tablettes et appareils de photo de toutes sortes attend religieusement ces moments où l’horizon vire du jaune dorée au rouge pourpre et bleu nuit en quelques minutes. Soudain les moniteurs de surf et leurs planches, les beach boys et leurs transats, leurs parasols et toutes les babioles de plage disparaissent à aussi vive allure qu’on se demande s’ils existaient vraiment une fois la nuit tombée. Les autres petites plages situées dans le parc même ne peuvent être fréquentées que pendant les heures d’ouverture, elles sont plus petites et plus intimes (sauf la plage principale), un bonheur dont viennent profiter des costariciens en famille avec un pique-nique. N’est ce pas la réputation de Manuel Antonio comme étant la destination pour les familles ? Après une petite balade dans la forêt à la recherche des traces de quelques animaux bien habitués à la présence des touristes, la cime des arbres s’ouvre soudain sur cette mer de couleur turquoise, la couleur la plus rêvée des voyageurs venus du froid canadien ou de la brume d’hiver d’Europe.

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Ici au Costa Rica on ne vient pas pour visiter un site ou écumer les musées. Je peux aussi ajouter qu’on ne s’attend pas à voir les animaux en pagaille comme l’on voit dans un zoo. Ca fait depuis longtemps qu’un tourisme presque de masse vient dans les parcs nationaux du pays et dérange ainsi la nature. Mais c’est sur qu’on vient pour vivre ses vacances. Tout est fait pour faciliter la vie des touristes. D’abord, tout le monde ou presque parle l’anglais en plus de l’espagnol (quoi que l’on sente la différence dans le sourire de votre interlocuteur quand vous arrivez à vous débrouiller avec la langue de Cervantès). Puis, ici, l’eau du robinet est potable, les moyens de transports sont multiples, les hébergements de toutes sortes existent partout, les restaurants proposent aussi bien la cuisine locale qu’internationale… Ce n’est pas dans tous les pays qu’on vous rend la monnaie locale ou en dollar au choix à un taux fixe quand vous payez en dollar, donc le change n’existe quasiment pas ou autrement dit on ne s’embête pas trop avec la question de change. Les étrangers expatriés l’ont toujours classé parmi les pays où ils sont les mieux accueillis et où les conditions de vie sont excellentes. On a d’ailleurs vu  des centaines de fermes de plantes de décoration exploitées par les hollandais pour l’export. Ce n’est pas dans tous les pays non plus que vous côtoyiez les locaux qui viennent visiter les parcs nationaux en même temps que vous et profiter de la beauté de leur pays autant que vous.

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Et, justement, il y a des costariciens. Un peuple enjoué, travailleur, honnête qui vous transmettra leur joie de vivre. Puisqu’on ne sent pas seulement la douceur de vivre, mais la joie de vivre ici. La pura vida ! Excellent, superbe, la belle vie… tout ce que vous voulez. C’est la réponse qu’on vous fait quand vous demandez « Ca va ? ». Le soleil presque toujours éclatant et la végétation luxuriante y sont sûrement pour quelque chose. Le moins qu’on puisse dire est que ça rend tout Tico un patriote hors norme. Ernesto, notre chauffeur, en est un parfait exemple. Rien que l’entendre décrire les différents parcs, sites, plages, jungles… du pays, on a envie de les découvrir : «… Regardez le volcan Arenal, le Mont Fuji costaricain. Je viens ici toutes les semaines, mais il est rare qu’il se découvre comme ça… Sur ce côté, vous voyez la face végétale du volcan, mais si l’on le regarde du côté nord, vous verrez que c’est totalement différent car c’est couvert de sable noir… ». Nous voilà arrivés à notre joli petit hôtel avec superbes chambres face au volcan et au lac. La couleur du ciel change tout le temps. Au petit matin, tout le volcan se pare d’un épais manteau de brume qui se retire doucement à l’arrivée du soleil. Entre dix heures du matin et trois heures dans l’après-midi, cet éblouissant reflet nous empêche de bien voir les fins filets de la fumerolle si l’on n’a pas une paire de lunettes de soleil solide, même depuis la Fortuna, ville dédiée aux visiteurs du parc et du volcan, sans l’effet réfléchissant du lac. A quatre heures de l’après-midi, le vrai spectacle commence : le jaune doré des rayons de soleil couchant se transforme en orange bronze, le bleu pale du bord du lac devient turquoise, le vert de la végétation tantôt se détache tantôt se fond dans le noir des flancs du volcan. Tout danse dans un rythme silencieux mais bien palpable jusqu’à ce moment, juste avant que le soleil s’en aille pour de bon. Toute la force de ces derniers rayons orangés, bronzes, dorés projette sur un ciel parsemé de nuages de toutes formes et plonge le volcan et le lac dans l’obscurité. Majestueux.

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