Cuba

Cuba: le voyage nostalgique

Voilà Cuba dans toute sa splendeur et ses problématiques. Je suis partie pour une petite quinzaine de jours en très haute saison touristique pour voir, vivre, écouter, entendre, visiter… bref, Cuba dans tous ses états en un voyage.

Cuba, cérémonie Fidel    Cuba, voiture américaine   Cuba, quartier Vedado  Cuba transport

CARNET DE VOYAGE CUBA

Décembre 2016. Voyage de 13 jours/11 nuits.

De Cuba, on honorera Hemingway, le Vieil Homme et la mer ainsi que ses daiquiris à Floridita. On commémora Alicia Alonzo avec sa comparse Maïa Plisetskaya, qui toutes les deux rentreront dans les légendes des danseuses étoiles jamais égalées…

On se souviendra aussi de ses ron de Cuba dont les célèbres Havana Club et Bacardi. Ile située au milieu des Caraïbes, la canne à sucre, avec le tabac étaient pendant longtemps l’unique culture jusqu’au dernier chamboulement économique au début des années 1990 qui oblige les paysans cubains à trouver d’autres ressources. Toutefois, on voit encore et toujours des champs de canne à sucre à perte de vue sur la route entre Santiago de Cuba et Ciego de Avila, avant de prendre la route pour Trinidad. Des fincas tellement grandes qui nous rappellent des estancias en Amérique du Sud, au Paraguay ou dans la pampa argentine, surtout dans le centre de l’île, la culture de canne à sucre alternent avec les manades où paîssent paisiblement vaches, chèvres, chevaux dans un paysage champêtre où le ciel bleu est omniprésent.

De Cuba, on retiendra Che Guevara, ce chef de guerre qui ne pouvait pas rester et vivre dans les fastes de la victoire et a préféré la lutte pour la libération des peuples pauvres jusqu’à sa mort, devenu l’icône la plus célèbre du 20e siècle. De Cuba, on se souviendra de Fidel, cet homme d’Etat controversé mais qui reste sans doute un des grands hommes qui ont façonné l’histoire du 20e siècle, El Comandante dont le peuple continue à pleurer et à adorer longtemps après sa disparition en cette fin de 2016. On trouvera pendant son voyage leurs portraits dans chaque village, dans chaque boutique, dans chaque famille avec le drapeau national. Les Cubains sont célèbres tout d’abord pour leur patriotisme.

Cuba, peinture murale à Camagüey

Ils sont aussi fiers de leur civisme, il n’y a pas d’analphabets sur l’île. La musique classique et le ballet, de très haut niveau, sont accessibles à tous. Il y a des bibliothèques dans chaque quartier et Cuba exporte ses médecins aux quatre coins de l’Amérique latine ou encore en Afrique. A chaque discussion, on découvre un ancien professeur ou un ingénieur avec une excellente culture générale malgré l’embargo économique (et culturel) depuis plus d’un demi-siècle, malgré l’absence absolue d’Internet et de moyens de communication.

Qu’ils soient blancs, noirs ou métissés, on rencontre à la ville ou à la campagne beaucoup de gens qui sont beaux et n’ont rien à envier aux plus connues des stars hollywoodiennes. Les femmes sont très coquettes malgré leur peu de moyen. Ils sont très prudents et polis au volant, même quand ils roulent en rase campagne. Peu de policiers, peu de contrôles. L’air est pur sauf à La Havane derrière les vieilles belles américaines J !

Il y a deux prix, l’un en pesos (CUP ou MN), il a de la valeur uniquement pour les Cubains, mais il n’y a pas de marchandise. Les magasins à CUP son vides car les carnets de rationnement fonctionnent encore pour certaines classes de la population. Pour le reste, on utilise le peso convertible (CUC). Cela revient assez cher pour le budget voyage car 1 CUC = 1 EUR.

Avec une superficie de 110 000 kilomètres carré, un cinquième de la France, ils ne sont que onze millions d’habitants. Il y a peu de monde. Ce n’est pas qu’une île, mais un archipel. L’île principale est souvent comparée à un crocodile, de mille kilomètre d’Est en Ouest, qui baigne dans la baie des Caraïbes. Il y a deux saisons, la sèche correspond à l’hiver avec un temps idéal pour la visite car il ne fait pas trop chaud et il fait très beau. En été, il fait chaud, pas trop de pluies (fortes et courtes), sauf entre septembre et octobre.

Le ciel est bleu en cette saison avec la présence de nuages partout, ce qui rend encore plus photogénique le paysage bucolique de la campagne cubaine où se succèdent manades et fincas de canne à sucre.

Les villes coloniales à Cuba sont d’une beauté rare, même si la plupart des maisons sont dans un état de désuétude avancée, ce qui force encore leur charme. On cite souvent Trinidad, Cienfuegos, Camaguey et Habana vieja qui sont désignées comme patrimoine de l’humanité, mais dans d’autres villes, les vestiges coloniaux se révèlent à chaque coin de rue. Ce n’est pas pour rien que les voyageurs du monde entier réclament d’aller à Cuba, tous espérant pouvoir vivre cette authenticité d’un pays fermé ces cinquante dernières années au monde entier, comme le même engouement pour le Vietnam au début des années 90. On voit partout, surtout à la campagne des charrettes à cheval dont les sabots résonnent sur le pavé, des charrettes pour tous transporter : marchandises, récoltes, hommes, femmes, enfants, déménagements. Si l’on voit des voitures, c’est plutôt des vieilles américaines ou des vieilles Lada ou encore Moskovitch. On voit rarement de quelques nouvelles voitures ou bus pour les touristes, sinon dans la vieille ville de Trinidad, on se croit encore dans « Autant en emporte le vent » avec des mômes sur leurs chevaux devant les rambardes colorées des anciennes maisons en bois. Dans les champs, ambiance de Far West assurée avec les ouvriers de canne à sucre aux chapeaux de paille sur leurs chevaux.

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Peu de touristes viennent jusqu’à Santiago de Cuba, ville chère au cœur des Cubains, car c’est loin de tout et cela reste assez pauvre. Son cœur bat sur le Parque Céspedes, devant la cathédrale, sobrement décorée en cette veille de Noël. L’émouvante visite du musée Diego Velázquez où ont vécu plusieurs gouverneurs de l’île depuis le 15e siècle nous révèle tout un pan inconnu de l’île avec des objets inestimables. Diego Velázquez est venu à Cuba pendant la 2e expédition de Christophe Colomb.

Cuba, voiture

Le cimetière Santa Ifigenia, tout comme le Père Lachaise à Paris ou le Recoleta à Buenos Aires, a été un point de visite avec notamment le mausolée de José Marti, mais qui l’est beaucoup plus depuis fin novembre 2016 car c’est ici que se repose pour l’éternité Fidel sous une simple pierre tombale à côté de José Marti. « Hasta siempre Comandante ! », jusqu’à l’éternité, Commandant ! Des groupes de touristes cubains sont venus dont beaucoup en larmes, pour y déposer une fleur entre deux changements de garde.

Le coucher de soleil sur la baie de Santiago est le meilleur moment pour visiter el Castillo de Morro, cette forteresse de style Vauban, tout en pierre blanche posant désormais paisiblement sur les flots bleus de la mer des Caraïbes.

Cuba, charrette à cheval

A plus de trois cent kilomètres à l’ouest de Santiago de Cuba, sur la route pour La Havane, se situe Camagüey, la ville des églises (elle en possède plus d’une dizaine) construite sur un style labyrinthique plutôt que le plan quadrillé des autres villes. Ne pas oublier de prendre un petit mojito sur la terrasse du très stylé restaurant 1800 sur la place de San Juan de Dios à la tombée du jour avec les jeux de lumières sur les toits, on se croirait toujours être en 1900 quelque chose. Puis, le meilleur moment est le soir, lorsque la lumière est allumée, les rues prennent alors un air magique. En avançant, on voit depuis la rue les intérieurs des maisons avec ses habitants : bibelots, photos des ancêtres, photo du Che jouant aux échecs ou avec un cigare, drapeau national… Et les habitants sur leur chaise à bascule, le meuble national de Cuba ! On les trouve dans chaque maison, et, sans exagérer, on peut deviner combien d’adultes vivent dans une maison en comptant le nombre de rocking chairs dans le salon. Fin d’après-midi, les mamies et papys s’installent sur leur rocking chair, cigare au bec, papotent d’une maison à l’autre. A la campagne, les rocking chairs s’installent sur la terrasse et je ne vois pas de maison qui n’en possède pas !

Quittant l’autoroute qui fait l’épine dorsale de l’île, nous partons sur la côte sud. L’étape suivante sera Trinidad, une des villes coloniales côtières au centre de l’île. La route traverse désormais une savane où se succèdent des grands élevages comme ceux que j’ai déjà vus en Amérique du Sud, au Paraguay par exemple. La côte reste rocheuse, peu de plages de sable, un peu comme en Bretagne. C’est l’habitat idéal des langoustes qui font plaisir aux touristes, un plat de langouste est à peine plus cher qu’un plat de viande. Trinidad et Cienfuegos sont très différentes l’une de l’autre et on peut faire plein d’excursions depuis ces deux villes.

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Occidente, notamment Pinar del Rio et Vinales, est une étape immanquable dans tous les circuits touristiques pour la culture du tabac et pour ses mogotes, pains de sucre surgissant de nulle part au milieu des plantations comme la baie d’Halong terreste, Hoa Lu, au Vietnam. Ce qui fait un superbe cadre pour la randonnée, à pied ou à cheval, hélas devenus beaucoup trop touristiques avec des arrêts obligatoires dans des échoppes ou fabriques de tabac de toutes sortes. Toute la ville se transforme en maisons d’hôtes, les boutiques de la vie courante en boutiques de souvenir, et les restaurants en repères de touristes… Tout est plein en cette haute saison et cela enlève tout son charme.

Nous arrivons au clou des visites à Cuba : La Havane. Mais tant de choses ont été dites sur cette ville: les vieilles voitures américaines des années cinquante flambantes ou brinquebalantes, Hemingway et ses daiquiri et ses mojito, le Malecon, la vieille ville… On revivra tout cela dans un bar devant le Capitolio en sirotant un cocktail fait du rhum  Havana Club avec un cigare, attendant son tour pour un ballet, que ce soit Lac des Cygnes ou encore Casse-Noisette dirigé par Alicia Alonzo elle-même.

p1280855On ne visite pas vraiment La Havane, mais il faut faire semblant de se perdre dans ses rues et ruelles, passant par ci un ancien couvent en ruine mais peinture reluisante en façade, par là une vieille église de quartier qui semble somnoler sous le soleil éclatant des Caraïbes. On s’attardera sur le Malecon jusqu’aux deux forteresses qui gardent l’entrée du port, un port naturel comme la mère nature a doté l’île aux autres endroits à Santiago, à Trinidad ou à Cienfuegos. On se mêle à la foule sous l’ombre d’un ceiba, essayant, avec la jeunesse dorée (rare, quand même), de capter une onde WIFI distribuée par ETECSA… On prendra un café à la terrasse de l’hôtel Nacional, ancien repère de mafieux américains, embrasant d’un coup d’œil toute la baie de La Havane, laissant ses cheveux caresser par le vent des Caraïbes. C’est sûrement le plus beau panorama de la ville.

Ne faites pas un stop de quatre heures dans cette ville comme beaucoup… C’est une des plus belles villes coloniales, si ce n’est pas la plus belle, de toute l’Amérique Latine, après les rénovations qui vont venir rapidement, espérons-le.

MES EXPERIENCES DE CASAS PARTICULARES A CUBA

VILLE LE PLUS LE MOINS
La Havane, Sarah, dans Vedado Charmante terrasse, chambre propre, impeccable, accueil génial, petits-déjeuners gargantuesques A Vedado, donc 5 CUC de taxi pour la vieille ville. Il y manque de lumière. Draps en acrylique.
Santiago de Cuba, Yuri Près du centre ville. Terrasse sympa. Cuisine OK (quoique poissons trop cuits) Mini-hôtel plutôt ambiance « je fais du business ». Accueil gentil mais un peu amateur. Clim ultra bruyante, fenêtre sur passage, on ne peut donc pas ouvrir. Installation électrique bizarre. Draps en acrylique.
Camaguey, Carola Petit-déjeuner top, terrasse très sympa, maison remplie de bibelot, accueil gentil. Chambre trop sombre, trop de barreaux… Draps en acrylique.
Trinidad, Bequer Très belle chambre, la meilleure du séjour, accueil très gentil. Restaurant attenant top et prix raisonnable, la meilleure langouste du séjour. Rien à dire, il faut que toutes les autres casas soient comme ça. Enfin des vrais draps.
Cienfuegos, Osmany et Marilys Superbe accueil, chambre grand et confortable, quoique… Superbe petit-déjeuner et dîner de langouste. Osmany parle français et Marilys adorable. Un peu loin du centre, chambre sans vue.
Playa Larga, el Pescador Accueil discret, voire un peu froid le premier jour, puis OK. Petit-déjeuner au top, superbe cuisinier pour le dîner. Ville en chantier, plage pas nettoyée, présence de moustiques (sans moustiquaire), WC bizarre.
Vinales, la Cabana Dommage de finir son voyage ici. On dirait que c’est une chambre pour les chauffeurs des groupes (sans doute vous me diriez parce qu’on a réservé trop tard), pas de lunette au WC, travaux pas terminés, pas de verres dans la douche ni savonnette, juste deux grandes serviettes. Les draps d’un des deux lits ne sont pas changés, quand on s’est rendu compte le restaurant battait son plein, impossible de demander à quelqu’un… Les fenêtres donnent sur le passage et n’ont que les volets, pas de rideau, pas de persiennes… bref, on les ferme tout le temps. Le matin, grand nettoyage à l’eau de la terrasse au dessus qui pleut sur la tête des clients des chambres.
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