Voyage au Brésil : Sept 2011

Septembre 2011, j’ai parcouru la côte Verte entre Sao Paolo et Rio de Janeiro, par Paraty et Mamangua…

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   Il faut connaître l’histoire de Paraty avant de visiter la ville. Cette ville a deux âges d’or : au XVIe siècle, lorsque les portugais sont arrivés, ils ont essayé de trouver de l’or dans la jungle atlantique mais ils n’ont rien trouvé. Ils doivent pousser jusqu’au Minas Gerais et ont trouvé de l’or là bas. Ils ont donc utilisé le sentier qui existait pour transporter l’or jusqu’au port, puis, par petits bateaux pour l’acheminer au port de Rio de Janeiro. Lorsque la route entre Belo Horizonte et Rio est faite, ils n’ont plus besoin de descendre jusqu’à Paraty, la ville est donc tombée dans l’abandon. Au XIXe siècle, ils sont trouvé une autre richesse dans la région : la culture du café. La ville s’est réveillée de nouveau, le commerce prospère, et ce, jusqu’au début du 20è siècle, de nouveau la route Paraty – Rio est construite, la ville est retombée dans l’abandon. Au milieu du 20è siècle, des artistes et brésiliens qui ont le flair sont venus dans la ville. Ils pouvaient troquer un nouveau frigo pour avoir une maison dans la vieille ville, complètement en ruine.

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La même petite maison se négocie à ce jour entre un million et un million et demi de réais (cinq cent mille à sept cent mille euros)… On peut toujours y spéculer : la ville a pour l’instant le titre d’héritage national, en attendant son titre à l’Unesco qui devrait arriver dans les prochaines années. C’est une ville qui était dédiée au commerce : peu de fenêtres, que des grandes portes donnant directement sur la rue. Les restaurations font l’objet d’examens ultra-stricts de la part de l’Iphan. Un exemple : un des propriétaires voulait joindre les deux portes pour faire entrer sa calèche. Que faire : il a fait une ouvrante droite, une ouvrante gauche, le muret entre deux était amovible, sa calèche entrait sans encombre dans la maison tout en gardant la même façade. Par contre, regardez cette maison, elle ne suit pas non seulement le style de toute la ville, mais en plus elle bloque la rue du commerce en plein milieu. Elle a été construite dans la dernière période d’abandon de la ville, personne n’y faisait attention.

102_1883Paraty s’ouvre sur son troisième âge d’or : le tourisme. Et pour cause, puisque la toute petite ville n’a rien à envier aux plus beaux sites dans le monde, peu d’entre eux puisse avoir cet enchantement : une baie magnifique parsemée de centaines d’îles et d’îlots, une chaîne de montagnes, jadis barrière des attaques indiennes, couverte de végétation luxuriante de la forêt tropicale d’Atlantique faisant des 7% qui restent de cet immense trésor, une vingtaine de ruelles arborant de magnifiques maisons, boutiques, demeures maçonniques. Les signes des franc-maçons aideraient, paraît-il, aux maçons qui passent à repérer ses pairs. Il y a des vraies et des fausses, par pur souci de décoration, mais c’est ainsi. Au croisement des rues, ce sont des piliers en pierre importée de Portugal (elle servait de leste des bateaux, vides à l’aller et remplis d’or au retour) présent sur trois côtés et non pas quatre, encore signe de la maçonnerie oblige… Ici une grande porte rouge qui est en fait une chapelle, il en existe que trois dans la ville, et qui ne s’ouvrent qu’une fois par an pendant une procession. Là bas une maison où la propriétaire a payé une fortune pour acheter la ruine et la façade, maintenant il s’agit de la pousada la plus chère de la vieille ville. Et encore cette maison dont le toit apparent laisse voir les azuelos bleus peints à la main, notre guide Ricardo ne se dépassionne pas de nous révéler les secrets de cette ville à l’allure paisible. Si paisible et enchantée que Ricardo y a jeté l’ancre depuis sept ans, ou plutôt jeté l’encre : il s’est installé et a ouvert un atelier d’artiste rue Geralda.

102_2013102_1983Paraty se situe à mi-chemin entre Rio et Sao Paolo. Mais la ville n’est pas l’unique attraction : sa superbe baie et sa forêt se prêtent à merveille aux séjours au vert. On ne compte plus des sentiers de randonnées, des villages des communautés d’indiens, des villages de pêcheurs, des balades en bateau dont le must est deux jours de kayak dans le Saco de Mamangua, le seul fjord (vert) brésilien. Il faut être quand même à partir à 6 personnes pour que ce soit intéressant, dans tous les sens du terme (ambiance et coût). Deux jours au milieu de la mer, de la jungle, sans route ni électricité (un peu le soir au Mamangua Ecolodge par un générateur, sinon dans la journée c’est l’énergie solaire et led). Le dîner au lodge, très confortable toutefois, semble magique. En ce mois de printemps, le temps est très changeant : vent, soleil, averse s’alternent pour varier le plaisir d’une virée en catamaran sur les eaux parfois houleuses, parfois calme à plat du fjord. Hors du temps !

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