Le prélude Ouzbek

L’oiseau emblématique de l’Ouzbékistan est le Khoumo, c’est aussi le logo de l’Uzbekistan airways, la compagnie nationale. Un voyage en Ouzbékistan est vraiment un excellent Prélude aux voyages en Asie Centrale. Au risque de me répéter, l’Ouzbékistan est le pays situé au centre de l’Asie Centrale dans tous les sens du terme : géographique, développement, historique et rayonnement général. Notre guide Isso a su nous transmettre vraiment ce qui est de mieux à savoir quand on visite son pays. Il est vraiment très conseillé, pour les individuels, de prendre une journée de visite avec guide à Samarkand, afin d’avoir des clés pour comprendre plusieurs facette de ce pays pas encore très connu et qui joue un rôle extrêmement important dans l’échiquier de l’Asie Centrale.

 

Ce qui est à voir à Khiva

Un voyage en Ouzbékistan commence souvent par le joyau de Khiva, situé à mille kilomètres de Tachkent et à 450 kilomètres de Boukhara (car en saison il y a un vol direct de Paris pour Urgentch le samedi). Khiva était la 4e capitale des khans sur la rive gauche de l’Amudarya. Véritable ville musée, la balade dans ses murailles est un bonheur pour les photographes. Les deux plus beaux monuments sont sans doute le minaret inachevé (26 mètres) et le minaret Islam Khogja, le plus haut de la ville (46 mètres) qu’on peut monter jusqu’au sommet.

Cet après-midi je me suis sauvée du groupe pour aller voir une forteresse dans le désert. En fait il y en a plusieurs, les deux plus visitées sont Toprak Kala et Ayala Kala, ambiance très particulière au coucher de soleil. Au niveau d’organisation, c’est très ouzbèk : à l’aller, il faut ajouter 40 minutes de queue avec engueulade pour prendre de l’essence et au retour, le chauffeur (taxi au noir)  se prenait pour Schumacher, je peux dire que si tu roules à 120 km/h sur des routes un peu douteuses et que les autres sont à 60 km/h au maximum, ça fait quelque chose.

J’ai aussi aimé la mosquée Juma (du Vendredi) avec ses 214 colonnes en bois datant de plusieurs époques, elle n’est plus en activité aujourd’hui : le chiffre 214 est une multiplication de différentes façons du chiffre 7, les colonnes sont faites en bois d’orme et se posent sur un bout de peau de chameau (avec poils) pour éviter la remontée des salpêtres et de l’humidité.

Les hôtels à Khiva : Madrassa, hôtel de charme, de loin le préféré (quoi que pour les personnes à mobilité réduite cela pose tout de même quelques problèmes) car c’était une ancienne médersa. Je suis logée à l’hôtel Asia Boukhara, correct sans plus, juste à côté de la citadelle. Son homologue est l’hôtel Malika Boukhara, face de la porte centrale de la citadelle, est similaire. Sinon quelques petits hôtels par ci par là, mais la capacité des chambres est réellement un problème en saison touristique.

 

De Khiva à Boukhara (Chiva a Bouchara)

Khiva est aussi le point de départ pour Konya Urgentch (à ce jour ville turkmène, une autre ancienne capitale des khan) pour une extension au Turkménistan : on visite la ville, puis prend un vol pour Ashkhabat, la capitale turkmène,  la visite, continue sur Nissaet Mary (Merv), avant de revenir sur Bouchara en Ouzbékistan. On évite ainsi les 9h de route via le désert de Qizylum.

Une journée de route (10h) est nécessaire pour faire la route qui relie Khiva et Boukhara, 450 km dont 300 dans le désert (steppe plutôt) de Kizylkum. La lumière est magnifique, le soleil tape encore très fort en ce mois de novembre, il faisait jusqu’à 30°C entre midi et 15h.

En saison, de mars à novembre, il y a un vol direct par semaine Khiva – Bouchara le dimanche soir. On peut proposer donc un circuit le moins fatiguant et le plus express, à condition de s’y prendre tôt, d’un voyage en Ouzbékistan partira en vol direct Paris – Urgentch samedi, puis vol Khiva – Boukhara le dimanche soir, puis continuation sur Samarkand.

Il existe aussi un train de nuit entre Khiva et Boukhara, pour les impatients. Moi je préfère les vues dans le désert, mais il me semble que peu de personnes l’apprécient, en tout cas dans mon groupe.

 

Sites touristiques à Boukhara

Les derniers rayons de soleil brillent sur la coupole bleue turquoise de la mosquée blottie au pied du minaret Kalyan, tout en brique, datant au 11e siècle. Devant, sur la place, une médersa (école coranique, madrassah en ouzbek), Miri Arab, se dresse avec sa superbe porte monumentale couverte de mosaïques bleues et vertes de tous les tons et deux coupoles bleues turquoises. Juste derrière elle, après la porte des Joailliers (Zarragon), il y a deux autres superbes médersa, Ulugbek, et surtout Abdullazizkhan avec sa superbe demi coupole en stalactites au dessus de la porte d’entrée. Boukhara possède 360 mosquées dont certaines sont les plus vieilles de toute l’Asie Centrale, ou encore cette mausolée des Samanids, le plus vieux monument de la ville… La mosquée principale de la ville s’appelle la mosquée de 40 colonnes : seulement 20 d’entre elles datant de plusieurs époques d’une hauteur de plusieurs mètres se reflètent dans le bassin en face, ce qui lui en donne 40. Un voyage à Bouchara, ville légendaire sur l’ancienne route de la soie, mériterait à lui seul le voyage en Ouzbékistan.

Un minaret est multifonction : il sert d’appel à prière, de tour de phare pour les troupes de dromadaires, de tour de guet en cas de guerre, ou de tour de mort : soit on jettait les condamnés à mort depuis son sommet, soit on exposait les morts aux charognards pour le nettoyage avant des récupérer des os. Le plus haut du monde fait 232 mètres, située à la mosquée du Roi Hassan au Maroc. Le plus vieux minaret du monde date du 8e siècle, à Bagdad, et le plus beau est indiscutablement le minaret Kalyan à Boukhara.

Toute la journée de visite de Boukhara, très jolie et très riche au niveau architectural. Il fait beau, juste ce qu’il faut, sec, il y a un soleil superbe mais pas de chaleur, la nuit fraîche pour dormir, il  n’y a pas de moustique… l’idéal, en somme.

Les hôtels à Boukhara : J’ai séjournée à l’hôtel Asia Boukhara (HOTEL AZIA BOUCHARA), belle chambres, très bien située, mais un peu impersonnel. Nous avons visité l’hôtel Zargaron Boukhara (Bouchara), 3*, en face du minaret Kalyan, 15 chambres et très bien situé et son homonyme Zargaron Plaza 4* un peu excentré. Nous avons vu aussi les hôtels Omar Khayam, Grand hôtel Boukhara 3* (service moyen, petite chambre mais impeccable, sans âme, excentré), hôtel Emir de Boukhara (charme, 60US/chbre environ). Ce soir, essaie de narguilé ou la chicha dans un restaurant – bar fumeur, très à la mode à Boukhara où Isso nous explique des significations de mauvais œil des Ouzbèks.

Un voyage à Samarkand

La ville est grande et les sites sont un peu dispersés. Toutefois, pour ceux qui marchent, si on est logé entre le quartier russe et la vieille ville du 14e siècle (hôtel ex-President-Registon Plaza 4*, hôtel Asia 3*), on peut accéder au mausolée de Timur (Tamerlan), à la place de Registan et la Mosquée Bibi Khanim (la plus grande mosquée en Asie Centrale). Pour l’observatoire et la nécropole, il faut s’y rendre en véhicule. Il est aussi chouette de balader dans la ville russe pour se croire dans certains quartiers de Moscou ou de Kiev. C’est aussi à la nécropole et dans les deux médersas sur la place Registan que notre guide nous apprend l’existence et la distinction des différentes techniques utilisées pour décorer les façades monumentales des monuments ouzbèks : les mosaïques multiformes, les faux mosaïques (un carré couvert des mosaïques), les majoliques, et la fine des fines, la technique de la terre cuite sculptée et émaillée issue de Samarkand, malheureusement abandonnée dans la réalisation des monuments postérieurs. On peut avoir un très bel aperçu de cette évolution à la nécropole de Samarkand.

Les instruments de musique de l’Ouzbékistan et de l’Asie Centrale

Plusieurs types de luth à cordes grattées avec la caisse de résonance en bois de mûrier (entier ou par lamelles) couvert de peau de poisson ou de …. Du cœur de bœuf. Ils se différencient par la forme, la taille de la caisse de résonance et par le nombre de cordes, sinon la manche est toujours très longue : comme le chat à 5 cordes le dutar à 2 cordes (l’instrumentiste reste assis), le dambour, ou le petit torteorer. On note aussi le chang (cymbalum) à 69 cordes, le naï (flûte traversière en bambou), la guimbarde, les tambourins (doïra = cercle), la grande trompette (plus de 1m20 de longueur). C’est à Samarkand qu’on doit acheter un de ces multiples sortes de luth dans une boutique située dans la mosquée de la place Registan.

Les Ouzbeks

Ce jour-là, qui devait être un bon jour, nous sommes tombés sur au minimum une dizaine de mariages et quelques « baptêmes musulmanes » (circoncision) pour les garçons, ici on le fait lorsqu’ils ont 1, 3, 5 ou 7 ans. Tout le monde, superbement vêtu, fait une sorte de procession aux sites les plus beaux de la ville dont un mausolée d’un Prophète vénéré, accompagné d’un cameraman ou un photographe loué pour l’occasion.  C’était à Khiva que notre guide nous explique une des spécificités de l’Islam ouzbek : ici, au mausolée Saïd Alavuddin, pendant les mariages et d’autres occasions importantes, les Ouzbèks viennent en famille pour célébrer or l’idolâtrie est strictement interdite par l’Islam orthodoxe. L’existence du porc, appelé mouton blanc dans l’alimentation et du thé blanc (la vodka) est attribuée aux présences russes. Toutefois, à multiples reprises, ces spécificités sont aussi perçues comme des héritages des cultes pré islamiques par l’existence des sangliers dans les peintures et la présence très tôt du vin dans la culture des peuples de l’Asie Centrale.

Tous portent un chapeau qui révèle la région d’où ils viennent. La place des femmes ouzbèkes dans la société, avant et après l’ère soviétique, n’est pas très enviée comme disait ce proverbe « Le paradis des femmes est sous le pied des mers », ou encore ce macaron avec un escarpin collé derrière ces voitures conduites par une les 50 000 femmes conductrice du pays sur 28 million d’habitants.

Les mortes ne sont pas enterrées, mais désossées puis on met les os dans les ossuaires, avant de les enfermer dans les caniveaux car la terre est sacrée et on ne les enterre pas.

La gastronomie ouzbèke

Les amuse-gueules qui ouvrent obligatoirement un repas :

Nous avons souvent des macédoines de légumes (betterave, petits pois, pomme de terre, concombre saumuré, champignons), les aubergines de toutes les formes (grillée et mélangée avec d’autres légumes grillés, en beignet, ou grillée en lamelle et enroulée avec sauce de tomate), feuille de brik enroulée avec tomates et autres ingrédient un peu acide (restaurant russe à Samarkand), salade Caesar avec poulet froid et croûtons, haricots ou lentilles à l’oignon et vinaigrette, feta+jambon+pdt+potiron, empanadas à la viande, pommes de terres en purée ou en beignet, vermicelles froides style coréen ou/et soba, crudités sans assaisonnement, crêpe fourrée de viande et oignon frit ou de fromage, viande froide coupée en fines lamelles en salade avec différentes sauces et légumes, potiron cuit à la vapeur…

Le second plat est obligatoire une soupe, il y a de toutes sortes également : mini boulettes de viande hachée bouillon et nouille, crème de purée, bourguignon, lentille carotte potiron, crème de potiron, mini pelmenis (raviolis à la viande) en bouillon, légumes viande et légume en cube.

Pour les plats principaux, ce n’est pas très varié, par contre : kebab aux oignons confits (très gras), légumes farcies avec beaucoup de sauce, chashlik (brochettes en BBQ), pelmenis (raviolis à la viande et au fromage), palov osh (riz cuit avec du bœuf, des carottes, des oignons et épices), galette de viande hachée enroulée dans une omelette et fourrée aux champignons.

Pour les desserts, beaucoup de torta (gâteaux) russes, mille-feuille, fruits, tarte à la pâte brisée feuilletée fourrée aux fruits secs et aux noix.

Bref, on y mange bien, mais c’est peut être aussi problématique en pension-complète car on prend très vite du poids après une semaine de circuit. Les tables sont toujours très bien dressées, la nourriture très abondante. Toutefois, la demi-pension (dîner) serait bien à conseiller car les restaurants ne sont pas encore très développés et présents, il peut être un peu compliqué (pour les voyageurs douillets et peu débrouillards) de trouver des endroits pour le dîner.

L’Islam

Le premier voyage en Ouzbékistan est pour moi l’occasion (une première) pour apprendre sur l’Islam de l’Asie Centrale et l’Islam en générale par son architecture, et je pense que l’apprentissage par ce moyen reste un des plus agréables. Il s’agit d’un Islam modéré et adapté aux traditions locales. Quelques exemples : ici on boit du thé blanc (la vodka) et mange du mouton blanc (cochon), on fait le mariage même pendant le ramadan (c’est-à-dire festin sans aucune restriction), on fait l’idolâtrie aux mausolées des prophètes et des anciens, on fait des prières puis les offrandes au service rendu (vœux exaucés) au lutin de la mosquée Bibi Khanim à Samarkand… Les Ouzbeks en général approuvent les actions de leur président Narimov pour avoir voulu maintenir cet Islam dans leur pays, parfois au prix des répressions sévères.

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