Retour en Corée du Sud : Dec 2015

Retour en Corée du Sud,  décembre 2015

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La Corée est un pays à part en Asie pour ce qu’elle offre aux voyageurs, même si des fois nous voyons quelques indices qui nous rappellent d’autres destinations comme par exemple ces villes ultra propres malgré une circulation chaotique à Taïwan, cette jeunesse ultra connectée qui semble vouloir transgresser toutes les règles de la société traditionnelle en vivant pour le moment comme on voit au Japon… les exemples s’égrènent au fur et à mesure de ce voyage d’une semaine où l’on découvre le Séoul classique et les stations de skis les plus réputées de la province de Gangwon-do ouvrant sur la mer de l’Est.

 

24 heures à Séoul

Peut-on imaginer une découverte de Séoul à pied ? Oui, si vous êtes logés dans la vieille ville, ou le down town comme les Séoulites disent toujours de ce grand quartier administratif et historique de la ville situé au nord du fleuve de Hangang et du Mont Namsan. Et de préférence, choisissez un hôtel vers Myeongdong. Nous avons démarré notre visite par nous habiller en hanbok, cette fameuse robe ample de couleurs chatoyantes qui est l’habit national des Coréennes, dans une des boutiques située en face du palais de Changdeokung, un des cinq palais dans un parfait état de conservation que compte Séoul. Nous avons visité le palais en hanbok et ça fait vraiment très classe. Puis nous continuons sur le village traditionnel, hanok, pour y prendre un thé, avant de descendre à Insa-dong, jadis rue des antiquaires mais déjà transformée à ce jour en rue pour touristes, pour le déjeuner. Il ne reste plus que quelques boutiques qui vendent les porcelaines et céramiques en céladon, une grande spécialité coréenne. Aujourd’hui nous goûtons au bulgogi de style de Insa-dong, c’est-à-dire en soupe avec bien entendu la panoplie de banchan, petits plats d’accompagnement dont le célèbre kimchi. Justement, une leçon de cuisine nous attend à la sortie du déjeuner, on nous fait faire les kimchi dans le musée dédié à ce célèbre met coréen qui semble être un des musées pour la gastronomie reconnus dans le monde. On y a appris qu’il en existe plus de 200 sortes de kimchi en Corée. Après la recette pour faire le kimchi le plus commun on va pouvoir l’apporter chez soi.

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Une des recettes de kimchi, chou fermenté à la coréenne:

Tremper un demi chou chinois dans un litre d’eau avec 200gr de gros sel, laisser entre 4 – 8h selon la température ambiante. Essorer.

Couper en fine lamelle environ 300gr. de gros radis blanc et 2-3 oignons frais (cive). Mélanger les radis coupés avec une grande cuillère à soupe d’ail pilé, de sauce de crevette fermenté, de sauce de prune (ou du sucre), de nuoc mam, de jus de riz gluant, de piment en poudre coréen et une petite cuillère de gingembre haché. Farcir ce mélange dans les feuilles de choux. Laisser fermenter dans une boîte hermétique au frais pendant 3 jours.

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A quelques dizaines de minutes de marche, nous attardons nos pas à la section alimentaire du marché de Gwangjang, un autre marché haut en couleur (et en odeur) situé en plein cœur du down town. C’est l’heure du goûter, et les tables de la rangée de marchands de viande cuite, de soupe, de tripe, de boudin au riz, de pied de porc, de crêpe… sont bien occupées. Il y a même une queue d’une dizaine de personnes devant la crêperie la plus réputée du marché. Dans une allée, nous découvrons des marchands de fruits de mer confits et séchés de toutes sortes et les marchands de fruits et de légumes. Dans l’autre allée, beaucoup de jeunes filles sont en train de grignoter les tentacules de seiche qui bougent encore dans une sauce brune, la marchande insiste pour que je le goûte, arguant que c’est excellent pour la peau. D’ailleurs les Coréennes sont extrêmement friandes pour tous les produits imaginables et possibles pour rendre plus belle leur peau qu’elles veulent la plus lisse et plus blanche possible. Les skinstore, skindoctor et autres fleurissent partout dans la capitale, dans une jungle infinie de boutiques, de department stores, de marchés, de malls, d’échoppes de rue de toutes sortes… Séoul se remarque aussi et d’abord par ces temples de la consommation qui ont pris la forme de buildings modernes à la place de nombreux marchés traditionnels qu’on connaissait jadis aux portes de l’Est ou du Sud, Dongdaemon ou Namdaemun, points de repère du down town.

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mandou, raviolis coréens

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Nanta, le spectacle à succès

Nous entamons notre promenade au début de la soirée sous les sapins de Noël, les uns plus parés que d’autres en ce début de décembre. On a du mal à se faufiler parmi les marchands ambulants de plats de rue et d’autres accessoires d’hiver ou de décoration de Noël pour avancer dans la rue commerçante de Myeongdong, au cœur de la vieille ville, à deux pas de la Mairie de Séoul. Le menu de ce soir est steak house. Les Coréens des anciennes générations mangeaient très peu de viande mais pas celle de 2015. Je me souviens qu’à l’époque, il y a une vingtaine d’années, lors de mes précédents séjours, je mangeais peut être deux ou trois fois de viande par semaine, cette fois-ci ce sera différent. Effectivement, ici dans ce restaurant, à côté d’un buffet déjà gargantuesque, on m’a servi en plus une entrecôte à la cuisson bleue et moutarde à l’ancienne comme j’ai commandé !

Un vrai spectacle de cuistots qui s’active derrière le buffet et qui prolongera à cent mètres du restaurant, dans ce théâtre privé où une des troupe de Nanta (il y en a plusieurs à Séoul, c’est une chaîne – si si) se produit tous les soirs et ce depuis plus de vingt ans. Il s’agit d’un spectacle qui se compose de cinq acteurs (dont une actrice) qui excellent dans l’art de la percussion dans le cadre d’une cuisine professionnelle et avec les ustensiles de cuisine. Une petite histoire, un coup de feu, un zeste de romantisme, un soupçon de quiproquo et beaucoup d’humour sont sans doute les ingrédients de son succès. On n’y passe un bon moment de rigolade après le dîner. C’est ainsi qu’on fabrique en Corée des spectacles sans prise de tête à la chaîne qui n’ont jamais déçu personne. Tout comme ces « musées » où l’on peut se prendre des photos dans des décors à effets spéciaux en haut de la Tour de Séoul… La Corée du Sud compte à ce jour 50 millions d’habitants (dix millions à Séoul) dont trois quarts ont moins de 30 ans ! Les attractions de toutes sortes ne se désemplissent pas.

Odeasan et le temple de Woljeongsa, le berceau du bouddhisme coréen

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Temple Woljeongsa

Route pour la mer de l’Est ! En 2018, une liaison ferroviaire mettra moins de deux heures pour relier les deux côtes de la Corée du Sud de l’Est en Ouest. Pour l’instant, nous mettons environ trois heures et demi de route. Mais on fait d’abord un petit arrêt dans un village où l’on participera à la fabrication d’un dessert coréen (le injeolmi, gâteau de riz gluant enrobé de poudre de pignon de pin, un peu le style des mochi japonais) et d’un plat bien connu, le bibimbap, riz touillé. Autant le bibimbap serait facile de faire chez soi, pour le injeolmi, ça va être beaucoup plus compliqué car il faut battre le riz gluant cuit à la vapeur avec un énorme marteau en bois pendant plusieurs minutes. Conclusion: on ne le refait pas pour une famille de quatre personnes et tant pis pour les cadeaux. Ce sera au department store Lotte de Séoul qu’on va acheter ses mochi haute cuisine style macarons Ladurée à trois mille won la pièce. D’ailleurs le stand qui vend des mochi, certifié faits par un MOC (meilleur ouvrier de Corée) est juste en face de celui de Fauchon et ses macarons et on y trouve des mochi à toutes les saveurs.

Nous montons dans les montagnes du parc national de Odeasan. Dans la forêt, au bord d’une belle rivière et adossé à une montagne, le temple de Woljeongsa concentre tout ce qui est de meilleur comme situation selon les règles de Fengshui. Une fois traversée le pont qui sépare le monde terrestre et le monde du Bouddha, les guides du temple nous demandent plusieurs fois de fermer les yeux et de respirer en silence afin de bien ressentir l’esprit des lieux. Un beau moment de zen. Au programme une visite approfondie du temple de Woljeongsa suivi d’une séance de 108 prosternations dans les règles. Pourquoi 108 ? Je savais que c’était les 108 disciples du Bouddha, mais en fait, cela veut dire aussi: 6 sens * 6 sensations * 3 temps (passé, présent, futur).

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Nous continuons jusqu’à Pyeongchang, haut lieu du ski coréen, notre destination finale du jour.

Les Coréens, les sports et le ski

En une phrase, il me semble que les Coréens sont les plus sportifs et plus actifs des populations de toute l’Asie. Pays à faible superficie, ils mettent moins de trois heures pour rejoindre les stations de ski avec des très bons équipements et une neige de bonne qualité, un peu comme à Hokkaido grâce à un bon dosage naturel de température et d’humidité entre le courant froid du pôle nord et la douceur de la mer de l’Est. Les stations, indépendantes, offrent une très bonne organisation de transports et de transferts depuis Séoul. Le ski est donc roi des loisirs d’hiver et le golf première religion officielle du pays ! D’ailleurs les hébergements des stations de ski sont ceux pour les terrains de golf en saisons claires.

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Photo: vue sur les pistes depuis le Centre de congrès de Alpensia resort.

Après avoir chaussé les skis en cette soirée de début de décembre pour avaler quelques pistes, nous partons le lendemain pour Gangneung, ville côtière ouverte sur la mer de l’Est. En plus de la visite du musée des gramophones le plus grand du monde où s’abrite plus de 30000 objets et la visite du musée de Ojukheon consacré à Shin Saimdang, première femme artiste peintre de la Corée et mère du grand maître penseur de la nation, Yiyi, Gangneung offre aussi aux amateurs les meilleurs fruits de mer en fondue dont des ormeaux et des sashimi.

La Corée et ses hôtels de très grand luxe

A l’orée de l’aéroport de Incheon, en attendant une longue correspondance, on peut s’offrir une petite halte à l’hôtel Nest (le nid) qui fait partie de la collection « 100 hôtels design du monde » dont plus la moitié des chambres a vue sur la mer. A Séoul, les plus beaux sont le Shilla, le Westin Chosun ou le Grand Hyatt. L’impression de luxe que l’on ressent quand on entre dans leur enceinte est difficile à décrire. Ce n’est pas que le marbre de la réception, ni le jardin paysagé avec neige et sapin de Noël décoré avec goût. Mais aussi du portier avec un manteau au col en (fausse) fourrure au concierge discret, qui parle parfaitement l’anglais, qui voit tout et qui est équipé d’une oreillette afin de recevoir les ordres de son supérieur pour que tout aille bien, on se sent tout de suite être en bonnes mains. Ceci continue avec la réceptionniste à la coiffure parfaite et au maquillage discret, d’une efficacité étonnante. Sous sa veste d’uniforme noir, son chemisier décolleté mais très pudique en satin gris clair argenté fait tout de suite le style. L’accès aux étages, à la chambre et le pointage du petit déjeuner du lendemain se font avec une seule carte, bienvenue aux pays des technologies avancées. Chaque chambre dispose dans son minibar d’une machine à expresso et le reste est à l’avenant et on ne parle pas des cinq oreillers sur chaque lit!

J’ai toujours pensé que dans le voyage sur-mesure et dans le luxe, il n’y a pas de limite et on peut toujours mieux faire. Toutes ces attentions à la perfection qu’on appréciait tant à l’hôtel Chosun de Séoul ont en fait l’allure d’un professionnalisme codé d’un personnel extrêmement bien formé. Au Seamarq de Gangneung, on a l’impression que ces services à la perfection vienne du cœur de manière naturelle, le luxe du luxe.

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Photo: hôtel Seamarq, Gangneung (non ce n’est pas la vue de ma chambre, mais du hall)

L’hôtel, situé sur un site exceptionnel entre le lac de Gyeongpo et la mer, est conçu par Richard Meier et a démarré en juillet 2015. Il n’a que 150 chambres avec 7 catégories différentes dont un penthouse qui constitue la Suite Présidentielle. Mais la moindre chambre standard possède d’une baie vitrée et la plupart ont vue sur la mer. Tout est complètement ouvert avec des jeux de portes et de persiennes coulissantes qui permettent à chacun de disposer sa chambre comme il le veut. Ici tout est épuré, aucune affaire ne traîne en dehors des placards et le jeu des miroirs et des lumières complètent le tout. Le meilleur, c’est le dîner traditionnel exquis et le onsen qui surplombe la mer. Et au petit-déjeuner, le directeur de l’hôtel passe à votre table vous demandant si vous n’avez pas été dérangé la nuit par le bruit de la mer. Un hôtel comme j’aime. Le luxe suprême.

Séoul futuriste et design

Le programme aujourd’hui est plus léger. On commence par le passage rapide dans le quartier d’affaire de Gangnam où se concentre le siège social de toutes les entreprises mondialement connues de la Corée du Sud comme Hyundai, KIA, LG, Samsung autour du Coex, le centre de Congrès de Séoul inauguré voilà presque vingt ans. Mais on va d’abord à Bongeunsa, cet havre de paix situé juste en face du Coex. Plus grand temple bouddhiste de Séoul, on y compte une dizaine de bâtiments, pavillons, bibliothèques et d’autres trésors nationaux comme ce récipient d’encens ou les trois statues de Bouddha de l’autel principal (Bouddha historique, Bouddha du paradis, Bouddha de la compassion), sans parler des trésors dits intangibles de la ville de Séoul. Dans la salle principale où il y a 3300 statues de Bouddha offertes par les fidèles, plus de deux cents personnes sont en pleine prière ce dimanche matin. Beaucoup de personnes âgées, mais aussi beaucoup de jeunes. Le point exceptionnel de ce temple est un pavillon dédié au culte des Arhats qui accueille de fidèles qui viennent implorer leurs vœux. On y voit que le Bouddhisme, adapté à la Corée, accepte aussi les croyances populaires telles que les 7 étoiles ou encore l’esprit de la Montagne. Une belle bibliothèque contient toujours les blocs d’imprimerie à caractères mobiles et me rappelle le temple de Haeinsa et de sa collection. Savez-vous que ce sont les bonzes coréens qui ont inventé cette technique qui n’était connue en Europe que 75 ans plus tard avec Gutenberg qui a pu « déposer ce brevet » pour être connu comme inventeur de cette méthode. Notre visite s’achève au pavillon de tambour et de cloche face à la statue de Bouddha du futur debout et grand de plus de 20 mètres, la plus haute de la Corée, note fièrement notre guide qui parle un anglais parfait. Le matin on sonne 28 fois sur la grande cloche puisqu’il y a 28 paradis. Le soir c’est 33 fois. Le guide m’a expliqué ce chiffre qui représente le total du calcul suivant: 8 directions * 4 temps passé, présent, futur et (j’ai mal noté L…) plus le roi au milieu. Si les agitations de Séoul vous fatiguent, vous pouvez demander à vous loger dans ce temple comme dans beaucoup d’autres en province et suivre la vie des bonzes.

Deux autres points de visites pour touristes à ne pas manquer dans le quartier: la station de métro de Gangnam pour les pèlerins modernes du K-pop (connaissez-vous le tube Gangnam style ?) et le Samsung dlight. De quoi s’agit-il ? Vous entrez dans un espace connecté, on vous met un bracelet pour vous identifier. Un ordinateur vous prend en photo qui correspond au code barre de votre bracelet, puis vous commencez votre parcours. Vous vous identifiez grâce au bracelet en vous plaçant devant plusieurs écrans, capteurs, simulateurs interactifs etc. en sélectionnant ce que la machine vous propose. Dix minutes plus tard, le dernier ordinateur de Samsung Technologies vous dit qui et comment vous êtes, votre caractère, quel est le métier le plus adapté à votre profil. Il vous propose d’envoyer le tout par e-mail. A l’étage suivant, on vous montre quelle sera votre vie dans l’avenir en étant être humain connecté… Ouf, sortant de l’immeuble, en voyant le soleil qui brille sur les dernières aiguillent de pin d’hiver, je suis contente de réaliser que, n’étant pas trop connectée, je suis toujours un être normal.

http://www.samsungdlight.com/global/#!/dlight-me/view/7400

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Dans l’après-midi, nous atterrissons au bord de cet énorme bâtiment futuriste sous forme de plusieurs coquillages ronds entrelacés, le DDP, Dongdaemun Design Plaza qui est la Cité du design de Séoul. Le design fait partie maintenant de la vie quotidienne des Coréens, ils le clament haut et fort et on le voit vraiment partout.

Devant la cité, ce sont les mall, centre commercial, de Dongdaemun. Il y a peut être deux milles boutiques de vêtements et d’accessoires dans chaque building. On y compte une bonne vingtaine de buildings qui peuplent le dédale de rues et de boutiques de l’ancien marché.

Soirée d’adieu

On a le choix entre un dîner coréen, français ou italien à la tour de Séoul. On peut évidemment opter pour un dîner de geongsik, la table d’hôtes coréenne, en version royale à Korea House suivi par un beau spectacle haut en couleur qui est le résumé des formes principales de l’art de scène traditionnelle de la Corée. On peut aussi aller dans un de ces bars branchés dont les propriétaires rivalisent d’imagination pour les rendre originaux. On peut aussi passer sa soirée à Itaewon le quartier des expatriés ou les alentours de Hongik le quartier des étudiants pour partager avec eux le dernier galbi, l’excellent bœuf coréen en grillade servi avec les innombrables plats d’accompagnement et des feuilles de sésame qui donne ce goût inimitable et qui vous manquera férocement une fois rentré en Europe.

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Menu d’un jeongsik (Korea house)

Crêpes fourrées (oeufs omelette, concombre, carotte, navet, radis, champignon, courgette)

Nougats, noix frites, seiche séché, bœuf séché, kaki séché

Salade de fruits de mer et poire chinoise

Crème de potiron

Bœuf haché à la châtaigne et au champignon sauvage

Boulette de poisson frite

Rosbif avec oignon frais et radis

Anguille, coquille saint Jacques, crevette poêlée

Bulgogi

Soupe aux fruits de mer et au sésame sauvage.

 

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Bonne lecture et à bientôt en Corée du Sud! En attendant, si vous avez un compte Facebook et si vous aimez voir la collection de photos sur les portes et les fenêtres en Corée, voici:

https://www.facebook.com/nostalasie.nostalatina/media_set?set=a.1003731523024040.1073741852.100001616048829&type=3&pnref=story

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