Voyage au Vietnam : Jan 2015

Vietnam, janvier 2015.

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En ce mois de fin janvier, le temps se distingue nettement avant et après le Col des Nuages, passage quasi-obligatoire de tous voyageurs se rendant la première fois au Vietnam. Dans le Nord, c’est l’hiver, froid le soir et soleil du matin. Il fait encore sec cette année à Hànoi, Sa Pa, Bac Hà et les montagnes du nord, puisque le nouvel an, la fameuse fête du Têt, n’aura lieu qu’à la mi-février. Cette année il y en a eu treize mois lunaires au lieu de douze. Aux alentours de la fête du Têt, on aura sûrement des journées avec du crachin tonkinois, mais là, on n’a pas eu.

Dans le sud, c’est la saison sèche, il fait un peu plus frais et il ne pleut pas. Mais au centre, à Huê, Dànang et Hôian, malgré un soleil éclatant, le ciel reste bas, les températures baissent un peu, et la mer est forte. Elle est même très forte sur cette portion de côte bordée d’hôtels de luxe à la plage de Cua Dai, à 5 kilomètres de la vieille ville du mythique Hôian. La plage est tout simplement bouffée par les vagues et le sable est parti. C’était déjà commencé il y a quelques temps, mais cette année, depuis le début de la saison, c’est la première fois qu’on ne peut plus s’y baigner, désormais les grues essaient de remettre un peu de sable pour la sauver, arriveront-ils à vaincre la force de la mère nature? Curieusement et heureusement, à un kilomètre de là, la plage d’où partent les pêcheurs aux bateaux paniers n’est pas affectée.

Le marché de Sapa, tant attendu !

DSC_0766La direction ce jour est les montagnes du nord Vietnam, le début de notre voyage. Nous prenons aussi pour la première fois l’autoroute reliant Hànoi et Làocai pour moins de 5 heures. Très peu de véhicules, certaines portions ne sont pas encore tout à fait finies ni les stations de service, mais notre chauffeur est tellement content d’ouvrir la route avec nous. Partis de Hànôi à midi, nous sommes arrivés vers 17h à Sapa (à une heure de Làocai) et c’est bien plus agréable que le train, quelque soit son standing. On s’installe dans cet hôtel comme tant d’autres dans la rue principale, avec un grand hall, tout en bois et une cheminée,

La ville s’allume peu à peu, les boutiques aux touristes de la rue de Câu Mây (pont des nuages) s’activent avec quelques vendeuses qui ne parlent pas vietnamien mais quelques mots d’anglais, en tenues des ethnies aux alentours : H’mong rouge et noir et Dzao rouge notamment.

Pendant le dîner, on nous a annoncé aussi, sans doute avec l’ouverture de la nouvelle autoroute et à l’arrivée du Nouvel An, l’ouverture du nouveau marché construit aux abords de la ville il y a une semaine. Un peu étonnés, mais sans plus, on s’est dit qu’on verra le lendemain.

Maintenant c’est chose faite, le marché en pleine vieille ville de Sapa ne l’est plus, et le nouveau marché n’est pas encore celui où les ethnies aux alentours ont l’habitude d’y descendre acheter les produits qu’ils n’ont pas et vendre leurs productions et leurs récoltes. Peut-être son âme va occuper les lieux dans quelques temps, ou bien elle sera définitivement perdue pour se vouer aux dieux touristiques ?

DSC_0485Nous nous arrêtons dans un village de H’mong (il y en a une vingtaine aux alentours de Sapa) et dans quelques points de vues pour prendre des magnifiques photos des rizières en terrasse, mais je pense que le meilleur moment pour les prendre seraient pendant la moisson, ou encore en été où elles sont vertes. Cet endroit est vraiment magnifique pour faire du trekking de quelques heures ou quelques jours, afin de sortir vraiment des sentiers battus et atteindre les villages un peu plus lointains afin d’avoir plus d’authenticité.

Nous lui préférons définitivement le marché Bac Hà à une centaine de kilomètres à l’est de Sapa. Mais quel est le meilleur moment pour aller à ce marché ? à partir de 6 heures du matin jusqu’à 10h… afin d’éviter l’arrivée massive de ses pairs, les touristes… Eh oui que voulez-vous, lorsqu’il y a quelque chose de beau, il y a des touristes, et ce, de plus en plus. Donc, cette obsession d’être le seul observateur de quelques scènes exceptionnelles doit être au prix de quelques sacrifices.

DSC_0483     En parlant vietnamien, le dialogue change complètement. Les gens ne viennent pas vers vous, il faut faire les premiers pas en observant la réaction de son interlocuteur. Quelques Vietnamiens qui tiennent des commerces un peu plus « fixes » du marché se plaisent à nous révéler toutes les facettes ou presque de la vie des gens qui viennent des montagnes, en ponctuant de questions sur nous les touristes, puisqu’ils sont aussi curieux que nous de connaître la vie, les attentes, les ressemblances et les différences de l’autre. On peut aussi tenir des dialogues avec son guide, mais c’est déjà un peu différent, on peut le comparer aux dialogues par procuration. D’accord, j’en conviens qu’on ne se mette pas en cours de langue intensif avant chaque voyage, mais le fait de parler un peu ou beaucoup la langue peut tout changer je peux vous le garantir. J’en ai vécu des choses exceptionnelles dans le sud, mais chaque chose est en son temps.

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Peut-on parler de la visite de la vieille ville de Hànôi ?

DSC_0189La vieille ville de Hànôi est aussi un quartier unique au monde. Il reste très ancien, très traditionnel, cela n’empêche pas aux puristes de dire qu’il n’y a plus beaucoup de Hànôiens de souche. Et pour cause, car les commerces traditionnels ne se tiennent plus qu’à quelques rues, d’autres se vouent à d’autres vocations modernes. Petite explication : tout le monde sait que chaque rue a un nom évocateur : rue Hàng Hom est celle où l’on vend des caisses (en bois), Hàng veut dire « boutiques » ou « commerce », rue Hàng Quat des éventails, rue Hàng Muôi du sel etc. Mais maintenant, à la rue Hàng Dào, de la Soie, on vend des blousons Adidas ou Nike et rue Hàng Dâu, de l’huile, est le royaume des chaussures. Là, il s’agit des commerces fixes. Mais devant ces boutiques, lorsqu’elles n’envahissent pas entièrement le trottoir, il y a plein de marchants semi ambulants qui ont leurs stands fixes. Enfin, pas tout à fait. Par exemple, devant le N°18 de la rue Hàng Thùng, qui est un restaurant et une pharmacie attenante, il y en a une marchande de soupe au bœuf, une marchande de riz gluant, une marchande d’entremets sucrés du petit matin jusqu’à environ 10h. Puis, vers 11h, il y a une marchande de viande grillée, une autre de pho, cette célèbre soupe nationale au bœuf, et une qui vend des sandwiches avec du pain français aux garnitures à la vietnamienne. Dans l’après-midi, une petite pause jusqu’à 15 heures environs. Après, un monde fou s’affaire pour que le soir, un autre restaurant de fruits de mer s’installe dans ce même restaurant, et sur l’ensemble du trottoir devant le N°18 avec vaisselles, plonges, étales, comptoirs, cuisines et réchauds en charbons de bois et en gaz de toutes sortes jusqu’à tard dans la nuit. C’est ainsi que le trottoir est rentabilisé 365 jours/quasiment 24 heures. C’est ainsi que la vieille ville puisse gérer son flux d’hommes et de femmes de ces petites ou grandes affaires plutôt familiales pour satisfaire des milliers et des centaines de convives à toute heure du jour et de la nuit.

J’ai ainsi oublié les marchands ambulants venant des banlieues. Issues des villages plus ou moins lointains de la capitale donc chacun se spécialise dans un mets spécifiques, ils s’emmènent, eux aussi chacun son heure, palanquins aux épaules (maintenant beaucoup sont sur les bicyclettes aménagées en étales) différentes choses dont tout le monde en a besoin ou envie d’acheter un jour ou l’autre : gâteaux, jus, bazars, fleurs… ou encore réparateurs ou acheteurs de toutes sortes. Ces marchands n’occupent pas le trottoir de manière permanente, mais on sait qu’à quelle heure, si l’on a besoin de telle ou telle chose, ils ne seront pas très loin.

J’ai deux types de voyageurs : soit la vieille ville les rebute, ils y passent en un tour touristique en cyclo-pousse, choppent quelques photos insolites (ce n’est pas difficile) et n’arrivent pas ou n’ont pas envie de déchiffrer ce monde et je les comprends. Soit l’autre type de voyageurs qui me demandent de repartir en deuxième voyage au Vietnam avec une semaine entière libre et sans programme à Hànôi, afin qu’ils puissent vivre la vieille ville, je les comprends parfaitement aussi.

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Ce qu’il vaut plus le coût lors de cette escale au centre

DSC_0002My son, le site Cham le mieux conservé, a été découvert, comme Machu Picchu, au début du 20e siècle. Centre rituel et cérémoniel d’un des royaumes les plus puissants des Champa, lors de sa découverte après cinq siècles d’oublis par un archéologue français, Henri Parmentier, soixante-dix pour cent de vestiges étaient visibles mais les bombardements américains l’ont considérablement détruit. La visite reste saisissante une grande partie grâce à la présence de Tuyêt, la jeune guide vietnamo anglophone que nous demandons à l’entrée du site. Elle connaît le site par cœur et commente avec amour les moindres détails sur les reliefs, portiques, tours, stèles. Elle nous explique les différents rituels, les hypothèses avancés par les scientifiques et les étapes différentes de la rénovation de chaque vestige. « Ici l’oiseau sacré Garuda, là le taureau Nandin. Sur cette stèle, il a été marqué que le temple a été construit au 12e siècle. Regardez la matière qui couvre le grès, voyez-vous la différence entre l’original et la pièce rapportée lors de la rénovation selon la méthode italienne ? Vous savez que les Cham n’aiment ni la perfection, ni le sommet car après le sommet c’est le déclin, et voici un exemple qui peut expliquer cette hypothèse. Les temples sont toujours d’orientation est, il n’y a une seule porte, contrairement à la maison de stockage où l’on voit aussi des fenêtres. Là vous voyez que les artistes voulaient exprimer le mouvement comme la technique rafale des appareils de photo moderne etc., etc. » On a mis plus de trois heures pour la visite, avant de la compléter par un passage au Musée Cham de Danang, cette fois-ci sans guide.

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Périple sur les Hauts Plateaux, Tây Nguyên, ou les montagnes du centre.

Pleiku est le chef lieu de la province de Gia Lai, Kontum de Kontum, Buôn Mê Thuôt de Dak Lak, Dà Lat de Lâm Dông et , ces cinq provinces forment la région des Hauts Plateaux de l’Ouest avec chacune ses spécialités. Le Cambodge et le Laos ne sont jamais loin, la côte Pacifique non plus, dans cette riche région, la terre rouge d’origine volcanique y est extrêmement fertile et les hommes sont travailleurs; poivre, café, hévéas, arbres fruitiers de toutes sortes ne laissent aucun carré de terre en jachère. Il y a encore la riche forêt, hélas beaucoup abîmée, des entrailles de montagne riches en minerais et un climat extrêmement clément et agréable à l’année. Les Hauts Plateaux sont aussi la terre des ethnies minoritaires de langue malayo-polynésienne aux coutumes encore bien vivaces de nos jours, hélas peu révélées aux néophytes. Fortement évangélisés et vietnamisés aux premiers abords, ces peuples ne portent quasiment plus d’habits traditionnels, contrairement aux ethnies dans les montagnes du nord.

La première visite d’un village de Jaraï à une trentaine de kilomètres de Pleiku change peu à peu ces perceptions. «…Les Jaraï vivent chaque famille à part, chaque habitation sur pilotis se situe au milieu de leur plantations de café, d’environ un demi hectare par plantation, contrairement aux Bahnar. Ici la société continue à être matriarcale, c’est la fille qui choisit son futur mari et qui lui demande en mariage, le garçon peut bien entendu refuser mais ne peut jamais aller chercher sa future femme. Après le mariage, l’occasion de tuer plusieurs buffles, vaches (les cochons et les poulets ne comptent pas) et boire beaucoup d’alcool de riz ou de manioc fermenté (ruou cân, littéralement alcool – qu’on boit – avec les pailles), le couple vit chez la femme. C’est encore elle qui s’occupe de tout et qui décide tout. C’est toujours elle qui travaille, qui gère, et qui joue le rôle principal de la famille. Le mari la suit ou l’écoute, l’aide de temps à autre. Si elle est morte, il est obligé d’épouser sa sœur ou, si elle n’est pas disponible, sa cousine; sinon il doit repayer la dot à la belle famille … ». Notre guide, très expérimentée et parfaitement francophone, nous explique pas à pas l’organisation de vie des Jaraï à Pleiku, le sommet est sans doute leurs coutumes de naissance et les rites funéraires qui restent animistes à Pleiku.

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Dans l’après-midi, on part pour Kontum. Ici, les Bahnar vivent dans les villages comme les Vietnamiens, c’est-à-dire il y a le village puis les plantations et les champs autour. Ils pratiquent un syncrétisme mélangeant l’animisme local et le catholicisme et n’a plus de cimetière avec le rituel d’abandon, mais un cimetière catholique. Nous avons aussi visité un autre village de Bahnar, le village K’tu, au sud de Pleiku où l’animisme est toujours en vigueur. Les tombeaux ne sont pas décorés de statuettes en bois après le rituel d’abandon, mais d’échelle voire d’avion en ce temps moderne afin que l’âme puisse monte au ciel et d’outils appartenant aux défunts de son vivant. Dans ce village, chaque famille a un terrain où l’on trouve invariablement une grande maison sur pilotis qui sert d’habitation principale, une petite maison sur pilotis où se stocke les céréales et une autre minuscule maisonnette sur pilotis où l’on pose la semence, le tout se complète par un volailler et les arbres fruitiers. Jusqu’à là, rien d’anormal. Ce qui est super drôle, c’est qu’à côté de la maison principale où ils vivent, cuisinent, mangent et dorment, toutes les familles ont construit (ou sont en train de faire construire) une superbe maison moderne en dur, mais qui ne sert presque à rien, les enfants y jouent de temps en temps, parfois une télé… et ils continuent à vivre dans leurs huttes sur pilotis ! Et dans la très belle maison commune, les garçons, à partir de l’adolescence, viennent y dormir tous les soirs pour écouter les già làng, chef du village, raconter les épopées, une tradition ancestrale qui n’est pas prête à se perdre.

La ville de Kontum (son nom veut dire le village des lacs) n’est plus un village. C’était le point de départ d’évangélisation des Hauts Plateaux au 19e siècle qui est depuis devenue une grande ville et aussi le centre spirituel de toute la région. La visite du Séminaire de Kontum, transformé en petit musée d’évangélisation, puis le passage par cette magnifique église en bois est un moment inattendu. Tous les Dimanche l’église est remplie de fidèles venus de toutes parts pour la Messe donnée en Bahnar.

Six heures du matin, le soleil n’est pas encore levé, des petites troupes d’hommes, d’enfants et de femmes avec bébés sur le dos se frayent un chemin dans la brume de sel (on l’appelle ainsi la rosée glaçante en cette saison sur les Hauts Plateaux) encore épaisse pour atteindre l’église de Lai Choét, une église sous forme de maison commune à toit très haute avec mâts de sacrifices devant et la croix en haut du toit. L’église est remplie, il y en avait peut être trois cents personnes, assis par terre pour assister à la Messe donnée en vietnamien et en jaraï. Une messe en bonne et due forme, mais la musique est jouée par un ensemble de chorale et de gongs, l’instrument sacré pour les Jaraï avec une alternance des pièces de la messe traditionnelles et des chants Jaraï.

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Ce soir, on nous a dit de ne pas louper le marché de nuit de Pleiku, le plus grand marché de la région haut en couleurs et riche en produits. Pendant toute la nuit, d’autres marchands différents de ceux du marché de jour viennent ici pour vendre en gros, et ça a lieu toute la nuit. Les familles, surtout celles qui ont à préparer des grands repas communs, viennent aussi se fournir ici à moitié prix de celui dans la journée. En baladant, j’ai voulu goûter à un œuf couvé proposé par une vendeuse ambulante. Lorsque je voulais payer, la voisine de table (en fait, de chaise car on a partagé l’assise sur une caisse à légumes renversée) voulait absolument m’inviter, me laissant très embarrassée. On continuait la balade, et je voyais encore une autre vendeuse de salade. Je lui ai commandé une petite portion pour goûter. En attendant la préparation sur commande, je papotais avec ses trois enfants. La maman m’a donné mon sac, je voulais payer, il en était hors de question ! « Goûtez-y, je vous l’offre ». « Mais pourquoi ? ». « Pas de parce que, c’est comme ça, si ça vous plaît, vous revenez demain ». « Mais demain je m’en vais, je ne pourrai pas ». «  A ce moment là, acceptez mon cadeau » et elle se retourne pour préparer d’autres commandes.

Pleiku et Kontum ne sont pas marqués avec des étoiles sur les guides touristiques, une aubaine pour les voyageurs aimant sortir des sentiers battus. Mais j’espère aussi qu’il y a des voyageurs qui, après avoir visité l’essentiel du Vietnam, osent pousser la porte de cette région pour être agréablement surpris. Mais il faut le faire en toute humilité et la découvrir avec modération, afin que ses habitants gardent toujours cette hospitalité sans être transformés en vendeurs de boutiques de souvenirs. Ne serait-il pas trop demandé ?

Vérité et prolongation, fiches techniques, pêle-mêle

Pour Hôian, la meilleure solution est de dormir une nuit dans la vieille ville et, éventuellement, une nuit sur la plage. On sélectionne désormais le Belhamy ou le Royal Palm où la plage est encore praticable et l’hôtel se situe directement sur la plage. A déconseiller Hôian Beach, Golden Sand voire Victoria, même si des aménagements permettraient aux clients de se baigner à la mer, et son coût élevé. De toute façon, pour l’hiver, la baignade n’est vraiment pas recommandée : l’eau très fraîche (pas froide, toujours OK pour les bretons et les normands), il y a du vent. Les vagues peuvent être traîtresses surtout à la marée haute (courant). Pour info, l’hiver est la basse saison pour les plages du centre, de juin à septembre, les hôtels sont envahis par des touristes locaux, constituant ainsi leur haute saison.

Pour les hôtels plages dans le sud (à partir de Qui Nhon), l’hiver est aussi la haute saison pour d’autres clients européens, chinois, russes ou encore vietnamiens entre Noël et le Têt.

Même si les clients prennent du 3*, il vaut mieux suggérer du 4* pour les hôtels plages, car les hôtels 3* peuvent observer de nombreux défauts pour ceux qui ne passent pas la journée dehors.

Pour Myson, si vous êtes curieux et vous souhaitez bien profiter de la visite, n’hésitez pas à prendre en plus un guide local sur le site à un coût modique (moins de 5€ pour la visite, arrondissez, selon le nombre, pour le pourboire), même si vous êtes déjà avec un guide francophone qui traduira pour vous.

Au retour de My son, invitez chauffeur et/ou guide à déjeuner aux restaurants spécialisés dans l’unique plat, le veau entier grillé, un délice et très populaire (c’est vendu au poids, prévoyez environ 150 gr par personne pour environ 4-5 €/p.).

Emmenez un Polaroïd pour pouvoir donner quelques photos tirées instantanément aux sujets que vous avez photographiés, il la gardera pendant des années comme un des meilleurs cadeaux. Mais peut être pas à celles qui voudraient vous vendre quelques menus souvenirs lors de vos visites.

Dans le temps, les femmes Jaraï devaient aller à la forêt pour accoucher seules. Désormais, elles accouchent au village à l’aide d’une sage-femme, elles ne vont quasiment jamais à l’hôpital. Si la maman est morte lors de l’accouchement, on enterrait le bébé vivant avec, à ce jour, la famille veut bien donner le bébé à un orphelinat, puisque le père ne saura pas s’occuper du bébé si la mère n’est plus là !

Par contre, à ce jour, les Jaraï pratiquent toujours la coutume ancestrale selon laquelle on passe le nouveau-né à l’eau de la source quand il a à peine un ou deux jours pour voir si la mère nature le sélectionne (s’il survivra à l’épreuve). Heureusement il ne fait rarement trop froid ici et l’eau de source n’est guère froide…

Les villages de Jaraï semblent très riches : poivriers et caféiers se disputent la place avec les arbres fruitiers; cochons et volailles cohabitent paisiblement dans la basse cour. Mais cette richesse peut être très vite consommée. En fait, il suffit d’avoir un événement familial (mariage, naissance, rituel d’abandon d’une tombe…) pendant lequel la maîtresse de maison devrait assumer, ici par le nombre de buffles à tuer. Un buffle coûterait ainsi la moitié d’une récolte de café annuel mais c’est l’honneur de la famille.

Lorsqu’un membre de la famille est mort, on le met dans un cercueil taillé dans un seul tronc d’arbre puis l’enterre dans le caveau familial. Celui-ci reste provisoire, s’il y a un nouveau mort, on prolonge le toit d’un mètre, à peu près le même principe des maisons longues. Tous les jours, la famille emmène à manger, à boire voire à chauffer devant ce caveau, elle passe ainsi un moment avec l’âme du défunt. Entre trois ans et cinq ans en moyen, lorsqu’ils ont pu rassembler assez d’argent pour le po thi, le rituel d’abandon de la tombe, il va donc l’organiser. Beaucoup de buffles, vaches, cochons et volailles sont tués pour que tous les villageois puissent venir s’amuser, danser, chanter, boire pendant quelques jours. Ils sont contents de dire adieu définitivement à leurs morts. Ils construisent donc le caveau définitif sous forme de maison et faire sculpter les statues funéraires. Voici un petit repère des provinces des Hauts Plateaux du centre du Vietnam.

Ville province Ethnies religion
Đà lạt Lâm Đồng Kho Catho/Animisme
Gia Nghĩa Đắc Nông Ê đê, M’nông animisme
Pleiku Gia Lai Jarai, Bahnar animisme
Kontum Kontum Bahnar, Xê đăng synchrétisme
Buôn mê thuột Đắk lắk Ê đê, M’nông Animisme, mais…
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